Avant d’engager la moindre dépense, il faut être sûr. Les piqûres seules ne permettent jamais de conclure, et beaucoup de personnes traitent leur logement pour rien, ou pire, traitent pour des punaises alors qu’il s’agissait d’autre chose.
L’adulte mesure cinq à sept millimètres, la taille d’un pépin de pomme. Corps ovale et aplati vu de dessus, brun clair à brun rouge, plus foncé et plus rond après un repas. Pas d’ailes, six pattes, deux antennes courtes. Il ne vole pas et ne saute pas.
La larve passe par cinq stades. Au premier, elle mesure un millimètre et demi et elle est presque translucide, ce qui la rend très difficile à voir sur un drap clair. C’est pour cette raison que les infestations débutantes passent inaperçues pendant des semaines.
Les œufs sont blancs, longs d’un millimètre, collés en grappes dans les interstices. Ils sont visibles à l’œil nu si l’on sait où regarder, mais aucun produit homologué ne les détruit, ce qui explique le protocole en deux passages.
Il en faut au moins deux qui concordent.
Prenez une lampe de téléphone et procédez méthodiquement. La recherche prend dix minutes.
La punaise reste à proximité de sa source de nourriture. Neuf fois sur dix, tout se joue dans un rayon de cinq mètres autour du lit. Si vous ne trouvez rien dans ce périmètre, il est peu probable que ce soit des punaises.
Les piqûres. Elles sont le motif d’appel le plus fréquent et le moins concluant. Une piqûre de punaise apparaît sur les zones découvertes pendant la nuit, souvent groupée ou alignée, et démange plusieurs jours. Mais une piqûre de moustique, une réaction allergique, une poussée d’eczéma ou une dermatite de contact donnent le même tableau. Environ une personne sur cinq ne réagit d’ailleurs pas du tout aux piqûres de punaises, ce qui rend le critère doublement mauvais.
La propreté du logement ne prouve rien non plus, dans un sens comme dans l’autre. La punaise se nourrit de sang, pas de miettes. Un appartement impeccable est exactement aussi exposé qu’un logement en désordre. Le désordre complique seulement le traitement, en multipliant les cachettes.
Trois insectes reviennent régulièrement dans les photos qu’on nous envoie. Le psoque, minuscule et gris pâle, qui vit dans l’humidité et ne pique pas. La puce, plus petite, allongée, et qui saute, ce que la punaise ne fait jamais. Et l’anthrène des tapis à l’état larvaire, poilu et brun, qui abîme les textiles mais ne s’intéresse pas à vous.
Dans le doute, photographiez de près, avec la lumière, et envoyez l’image. L’identification est gratuite et prend quelques minutes.
Ne déplacez rien et ne sortez rien du logement, surtout pas le matelas. En immeuble, un matelas descendu par la cage d’escalier contamine chaque palier qu’il traverse. Ne changez pas de chambre non plus, l’insecte suit le dioxyde de carbone que vous expirez et vous ne feriez qu’étendre la zone concernée.
Une image nette des coutures du matelas suffit le plus souvent à conclure, sans aucun déplacement.